MONTRÉAL — L’immigration sert-elle aussi à donner davantage de marge de manœuvre financière aux gouvernements? Dans une publication sur sa page Facebook, Guillaume Déziel, connu sous le nom de Ton Crypto-Coach, défend cette idée et critique le système monétaire actuel. Il soutient que les nouveaux arrivants contribuent à la croissance économique sans avoir la garantie que les ressources ainsi générées serviront à améliorer leur accueil et les services publics.
Stratège en développement numérique et ancien gestionnaire d’artistes, Guillaume Déziel est le fondateur de Ton Crypto-Coach, une plateforme consacrée aux cryptomonnaies. Son parcours l’a notamment amené à travailler dans les industries culturelles, puis à s’intéresser à la chaîne de blocs et à la finance décentralisée. Dans cette publication, il propose une lecture de l’immigration centrée sur ses rapports avec l’endettement public, l’inflation et la création monétaire.
L’immigration comme levier économique
Pour Guillaume Déziel, les gouvernements tirent un avantage financier de l’augmentation de la population. Son raisonnement repose sur la contribution des nouveaux arrivants à la main-d’œuvre et à la production économique, laquelle peut faire croître le produit intérieur brut, ou PIB. Une économie plus importante donnerait ainsi à l’État davantage de latitude pour emprunter tout en maintenant son ratio dette-PIB, soit le poids de sa dette par rapport à la taille de l’économie.
« Dans un sens comme dans l’autre, la démographie sert d’outil monétaire », écrit-il. Il présente ainsi l’immigration comme une variable utilisée pour ajuster les équilibres économiques de l’État. Sa critique vise la manière dont les gouvernements utilisent cette contribution plutôt que les personnes immigrantes elles-mêmes.
Quelle contrepartie pour les nouveaux arrivants?
Au cœur de son propos se trouve la question de la redistribution de la richesse créée. Guillaume Déziel soutient que la contribution économique des immigrants ne s’accompagne pas d’une garantie d’investissement équivalent dans la francisation, le logement, la santé ou l’intégration. Selon lui, l’État bénéficie de leur présence tout en conservant la possibilité de consacrer les ressources supplémentaires à d’autres priorités.
« Autrement dit, on se sert de la valeur économique d’un nouvel arrivant, puis on la détourne ailleurs », affirme-t-il. Il estime que les personnes qui rendent cette croissance possible ne sont donc pas assurées d’en recevoir les bénéfices. Son intervention pose aussi la question des moyens accordés aux services chargés de les accueillir.
Une critique de la création monétaire
Guillaume Déziel établit également un lien entre l’immigration et l’inflation. Dans son raisonnement, une augmentation de la quantité de monnaie stimule la demande et peut faire monter les prix lorsque l’offre ne suit pas. Il avance que l’arrivée de travailleurs, en augmentant la capacité de production de l’économie, peut contrebalancer cette pression.
L’auteur rattache cette dynamique à ce qu’il appelle un « système d’argent-dette », dans lequel la monnaie est créée notamment par le crédit. Il soutient que ce fonctionnement permet aux gouvernements d’ajuster leurs finances tout en faisant subir les conséquences de l’inflation aux ménages. Il oppose la situation des détenteurs d’actifs à celle des personnes qui vivent de paie en paie, qu’il décrit comme les perdantes de cette dynamique.
Un étalon monétaire fixe comme solution
Pour sortir de cette logique, Guillaume Déziel défend l’idée d’un étalon monétaire fixe. Il imagine un système dans lequel chaque dollar prêté devrait provenir de fonds déjà détenus par quelqu’un, plutôt que d’une nouvelle création monétaire. À ses yeux, cette contrainte empêcherait la dérive qu’il dénonce.
Il conclut que le problème fondamental réside dans le fonctionnement de la monnaie et les décisions économiques qu’il permet. L’immigration apparaît ainsi, dans son texte, comme l’un des leviers d’un système plus large qu’il remet en question. Son plaidoyer demande que la contribution économique des nouveaux arrivants soit discutée en même temps que les ressources consacrées à leur accueil.

