Itinérance à Granby : deux haltes ouvriront pour l’hiver

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GRANBY — À l’approche de la saison froide, de nouvelles mesures seront mises en place pour venir en aide aux personnes en situation d’itinérance à Granby. Une halte-répit de nuit ouvrira ses portes le 29 octobre, suivie d’une halte de jour le 15 novembre. Ces deux ressources permettront notamment aux personnes les plus vulnérables de se mettre à l’abri, de se réchauffer et d’accéder à des services essentiels. Une initiative qui repose sur la collaboration de plusieurs organismes communautaires, du réseau de la santé et de la Ville de Granby.

L’annonce a été faite ce jeudi 22 octobre, en présence de différents partenaires du milieu communautaire, dont la Corporation de développement communautaire de la Haute-Yamaska (CDCHY). L’objectif est de renforcer le filet de sécurité destiné aux personnes sans domicile fixe, particulièrement durant les mois les plus froids de l’année. Pour les organismes concernés, il s’agit également de préserver la dignité des personnes en situation de précarité et de favoriser une meilleure cohabitation au sein de la communauté.

Un refuge de nuit dès le 29 octobre

La première mesure entrera en vigueur le jeudi 29 octobre, avec l’ouverture d’une halte-répit de nuit accessible sept jours sur sept. Les personnes en situation d’itinérance pourront s’y présenter entre 19 h et 8 h 30 le lendemain matin, ce qui représente une période d’accueil de 13 heures et demie. Cette ressource permettra notamment d’offrir un endroit chauffé et sécuritaire à celles et ceux qui, autrement, risqueraient de passer la nuit à l’extérieur.

L’arrivée de l’automne constitue une période particulièrement difficile pour les personnes qui vivent dans la rue. Les températures nocturnes diminuent rapidement, tandis que l’humidité, la pluie et éventuellement la neige augmentent les risques pour leur santé. Même lorsque le mercure demeure au-dessus du point de congélation, une exposition prolongée au froid, surtout avec des vêtements mouillés, peut entraîner une hypothermie.

La halte-répit ne constitue toutefois pas un logement permanent ni une solution définitive à l’itinérance. Elle représente avant tout une mesure de protection immédiate, qui permet aux personnes de se reposer et de limiter leur exposition aux intempéries. Elle peut également faciliter le contact avec les intervenants communautaires et les services susceptibles de les accompagner vers une situation plus stable.

Une halte de jour à compter du 15 novembre

Un deuxième service viendra compléter cette offre à partir du dimanche 15 novembre, avec l’ouverture d’une halte de jour. Les personnes qui la fréquenteront pourront notamment profiter d’un espace chauffé, recevoir un repas, recharger leur téléphone cellulaire et accéder à différents services essentiels. Les heures d’ouverture précises de cette nouvelle ressource n’ont pas encore été indiquées dans l’annonce relayée par la CDCHY.

Ces services peuvent sembler relativement modestes, mais ils répondent à des besoins bien réels. Pour une personne qui n’a pas de domicile, trouver un endroit où passer quelques heures au chaud, manger ou simplement recharger son téléphone peut représenter un défi quotidien. Un appareil fonctionnel permet notamment de communiquer avec des proches, de joindre des organismes d’aide, de rechercher un logement ou de prendre contact avec un employeur.

La complémentarité entre les deux haltes constitue l’un des aspects importants de cette initiative. En combinant des services de nuit et de jour, les organismes souhaitent réduire les périodes durant lesquelles les personnes les plus vulnérables se retrouvent sans endroit où aller. Il demeure néanmoins nécessaire de connaître les capacités d’accueil, les modalités d’accès et les horaires complets pour mesurer la portée réelle du dispositif.

Une mobilisation de plusieurs organismes communautaires

La mise en place de ces mesures repose sur une collaboration entre plusieurs acteurs du milieu, notamment le Partage St-François, Le Passant, Entr’elles Granby et Impact de rue. Santé Québec Estrie – CHUS et la Ville de Granby participent également à cette démarche collective. La Corporation de développement communautaire de la Haute-Yamaska souligne l’importance de cette concertation pour répondre aux besoins des personnes en situation d’itinérance.

Parmi les partenaires, le Partage St-François possède une longue expérience dans l’accompagnement des personnes vulnérables. Fondé en 1983 à Sherbrooke, l’organisme offre notamment des services d’hébergement d’urgence, de soutien psychosocial et de réinsertion sociale. Selon son bilan 2025-2026, il a accueilli 1 439 personnes, servi plus de 64 000 repas et comptabilisé plus de 22 000 nuitées dans l’ensemble de ses services.

Cette nouvelle annonce s’inscrit également dans la continuité des efforts entrepris à Granby au cours des dernières années. En décembre 2024, la Ville avait inauguré la Halte du Partage, aménagée au sous-sol du centre communautaire Richard-Goulet, sur la rue Saint-Antoine Nord. Initialement confiée au Partage Notre-Dame, cette ressource pouvait accueillir une vingtaine de personnes à son ouverture. Le Partage St-François a depuis été retenu pour prendre la relève de la halte-répit en 2026.

Une réalité qui dépasse les grands centres urbains

Longtemps associée aux grandes villes comme Montréal et Québec, l’itinérance touche désormais de nombreuses municipalités de taille moyenne, dont Granby. La crise du logement, la précarité financière, les problèmes de santé mentale, les dépendances et les ruptures familiales constituent autant de facteurs susceptibles de conduire une personne à perdre son domicile. Les situations sont toutefois très différentes d’un individu à l’autre, et l’itinérance ne se limite pas aux personnes que l’on aperçoit dormir dans la rue.

À Granby, la question de l’itinérance s’accompagne également de préoccupations concernant la sécurité et la cohabitation dans certains secteurs du centre-ville. La municipalité a notamment mis en place des mesures de médiation sociale, renforcé les interventions de proximité et développé une collaboration avec les organismes communautaires. L’objectif consiste à répondre aux besoins des personnes vulnérables tout en tenant compte des préoccupations des résidents et des commerçants.

Un filet de sécurité pour traverser l’hiver

Pour la CDCHY, les nouvelles mesures annoncées représentent davantage qu’une simple offre de services supplémentaires. Elles témoignent d’une volonté commune de préserver la dignité des personnes en difficulté et d’encourager une cohabitation harmonieuse à Granby. L’organisme rappelle d’ailleurs que l’itinérance constitue une responsabilité collective, qui demande une mobilisation de l’ensemble de la communauté.

L’ouverture des deux haltes représente une réponse concrète à l’approche de l’hiver, même si elle ne règle pas les problèmes de fond liés au manque de logements abordables et à la précarité. Les prochaines semaines permettront de voir comment ces ressources répondront aux besoins sur le terrain. Pour les personnes qui risquent de passer leurs nuits dehors, elles pourraient néanmoins faire une différence considérable.

Pour obtenir de l’information sur les ressources communautaires disponibles à Granby, la population peut composer le 211. Les personnes qui ont besoin d’un soutien psychosocial peuvent également joindre Info-Social au 811, option 2, un service gratuit et confidentiel accessible jour et nuit.

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