BROMONT — Derrière les portes de deux maisons ancestrales de la rue Shefford se cache un univers où chaque objet semble avoir une histoire à raconter. Depuis 1977, La Belle Vieillerie accueille les collectionneurs, les passionnés de décoration, les amateurs de vintage et les simples curieux. Aujourd’hui portée par Jessica et Catherine Jodoin, l’entreprise familiale poursuit le rêve imaginé par leurs parents, Clémence Boisvert et Clément Jodoin.

Une maison victorienne à l’origine d’une grande aventure
L’histoire commence en 1972, lorsque Clémence Boisvert et Clément Jodoin font l’acquisition d’une maison victorienne à Granby. Désireux de la meubler avec des antiquités, principalement québécoises, ils commencent à acheter, échanger, revendre et accumuler différents objets. Leur passion grandit, tout comme leur réputation auprès des amateurs de meubles et de pièces anciennes.
En 1977, Clémence Boisvert ouvre officiellement La Belle Vieillerie dans la cuisine d’été de la maison familiale. L’entreprise prend progressivement de l’ampleur, jusqu’à son déménagement, en 1986, dans une petite maison de la rue Shefford, à Bromont. Deux ans plus tard, la fondatrice acquiert deux maisons ancestrales voisines et y installe définitivement son commerce.
Le pari visionnaire du Vieux-Bromont
À cette époque, Bromont était encore une petite bourgade connue notamment pour sa montagne de ski et ses glissades d’eau. La rue Shefford était beaucoup moins développée qu’aujourd’hui, mais Clémence Boisvert avait déjà reconnu le potentiel touristique et commercial de ce village situé à l’entrée des Cantons-de-l’Est. Son choix s’est révélé visionnaire puisque le Vieux-Bromont est depuis devenu une destination particulièrement recherchée.
La proximité avec la résidence familiale permettait également de mieux concilier le travail et la vie de famille. Cette dimension humaine demeure profondément ancrée dans l’identité de La Belle Vieillerie. La boutique a grandi avec la famille, tout en participant à l’essor de son milieu d’accueil.

Une histoire qui se transmet de mère en filles
Jessica et Catherine Jodoin ont rejoint l’entreprise au début des années 2000. Elles sont maintenant responsables des achats et de la boutique, tout en continuant de profiter de l’expérience et des conseils de leurs parents. Jusqu’à trois générations ont ainsi eu l’occasion de travailler ensemble au sein du commerce.
Pour Clémence et Clément, voir leurs filles reprendre l’entreprise représente une grande source de fierté. La Belle Vieillerie a même offert un emploi à leurs deux petites-filles pendant leurs études. Cette transmission familiale donne tout son sens à une entreprise où l’écoute, l’entraide et la proximité occupent une place centrale.
Deux maisons transformées en cavernes d’Ali Baba
Antiquités, objets vintage, décorations, bijoux anciens ou plus récents, quincaillerie décorative et vêtements de seconde main se côtoient dans les deux maisons ancestrales. Les visiteurs peuvent y chercher un cadeau original, une pièce de collection ou le petit objet qui viendra compléter leur décor. Ils peuvent également bénéficier des conseils d’une famille qui connaît intimement les objets qu’elle propose.
La clientèle forme un joyeux mélange de collectionneurs, de touristes, de retraités à la recherche de souvenirs, de jeunes attirés par le vintage et de familles venues simplement explorer les lieux. Certaines fréquentent la boutique de génération en génération, tandis que plusieurs habitués sont devenus des amis. Chaque visite peut ainsi prendre l’allure d’une chasse au trésor dans de véritables cavernes d’Ali Baba.

Préserver les objets et les souvenirs
La Belle Vieillerie s’approvisionne principalement auprès de particuliers de la région qui déménagent, transforment leur décor ou reçoivent un héritage. Les objets peuvent ainsi trouver une nouvelle maison plutôt que d’être jetés ou oubliés. Cette circulation contribue à préserver une partie du patrimoine matériel et de la mémoire des familles québécoises.
L’entreprise se veut également conviviale, inclusive et ouvertement féministe. Principalement administrée par des femmes, elle défend une approche fondée sur le respect des personnes et de l’environnement. La récupération et la réutilisation y deviennent des manières concrètes de consommer autrement, sans renoncer à l’originalité.
S’adapter sans perdre son âme
Traverser près d’un demi-siècle d’activité exige une capacité constante d’adaptation. Les crises économiques, les changements de tendances et l’arrivée de plateformes comme Marketplace ont notamment transformé le marché des antiquités. La vente de meubles anciens a été particulièrement touchée par ces nouvelles habitudes de consommation.
La famille Jodoin continue néanmoins de faire évoluer son offre en réunissant l’ancien, le vintage et le neuf sous un même toit. Cette diversité lui permet de rejoindre autant les collectionneurs expérimentés que les nouvelles générations. Malgré les changements, le service personnalisé demeure au centre de l’expérience.
Faire vivre le cœur des communautés
Par sa présence dans le Vieux-Bromont, La Belle Vieillerie contribue à attirer des visiteurs prêts à parcourir plusieurs kilomètres pour découvrir des antiquaires et des commerces indépendants. Les commerçants du secteur se recommandent mutuellement, créant une solidarité naturelle qui profite à l’ensemble du village. La boutique collabore aussi occasionnellement avec des artisans de la région.
Jessica, Catherine et leurs parents souhaitent surtout rappeler l’importance de fréquenter les petits commerces physiques. Acheter local permet de préserver des emplois, mais également des lieux de rencontre où les conseils, les conversations et les relations humaines ont encore toute leur place. Pour la famille Jodoin, c’est ainsi que les cœurs villageois demeurent vivants, accueillants et prospères.

La Belle Vieillerie
Adresse : 809 et 813 Rue Shefford, Bromont
Numéro de téléphone : (450) 534-3695
Facebook : La Belle Vieillerie

