Les retraités du secteur public ont perdu 17,5 % de leur pouvoir d’achat, dénonce l’AREQ

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QUÉBEC — Alors que les partis multiplient les promesses destinées aux personnes aînées, l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ-CSQ) leur demande de ne pas oublier la valeur des régimes de retraite. Dans une lettre ouverte publiée en pleine campagne électorale, l’organisation réclame une solution durable à l’indexation partielle des rentes du secteur public.

Une perte qui s’accumule avec les années

Selon les données présentées par l’AREQ, le pouvoir d’achat des personnes retraitées couvertes par le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP) aurait reculé de 17,5 % entre 2002 et 2021. Dans onze régimes provinciaux comparables ailleurs au Canada, la diminution moyenne aurait plutôt été de 5,9 %.

Cette différence s’explique notamment par les règles d’indexation qui varient selon les années de service accumulées. Depuis 1982, certaines portions des rentes ne sont pas pleinement ajustées à l’augmentation du coût de la vie. Les retraités peuvent donc recevoir un montant qui augmente légèrement, tout en étant de moins en moins capable de suivre le prix du logement, de l’alimentation et des autres dépenses courantes.

Une caisse pourtant en croissance

L’association souligne également que la situation financière du RREGOP s’est améliorée au cours des dernières années. La valeur de sa caisse serait passée de 55,7 milliards de dollars à 97,9 milliards en douze ans, tandis que le fonds servant à couvrir la part du gouvernement aurait plus que doublé.

L’AREQ reconnaît que ces résultats ne règlent pas automatiquement la question de l’indexation. Elle considère néanmoins qu’ils justifient l’ouverture d’une discussion sérieuse sur les différentes solutions permettant de mieux protéger les rentes contre l’inflation.

Un enjeu concret dans la vie quotidienne

Une perte de pouvoir d’achat ne signifie pas nécessairement qu’une personne retraitée se retrouve soudainement sans ressources. Elle peut plutôt se traduire par une activité abandonnée, un déplacement reporté, une dépense médicale plus difficile à absorber ou une marge de sécurité qui rétrécit tranquillement.

Cette érosion devient particulièrement importante lorsqu’elle se poursuit pendant plusieurs années. Même si le montant inscrit sur le relevé de retraite demeure relativement stable, ce même montant permet d’acheter de moins en moins de biens et de services.

Une demande adressée à tous les partis

L’AREQ souhaite maintenant que les formations politiques précisent leurs intentions avant le scrutin. L’association rappelle que les débats portant sur les aînés ne devraient pas se limiter aux soins de santé, au soutien à domicile, au logement ou aux crédits d’impôt.

Pour sa présidente, Micheline Germain, la protection des rentes représente aussi une manière de respecter l’engagement pris envers les personnes ayant travaillé dans les écoles, les établissements de santé et les autres services publics. Après plusieurs années à documenter la diminution de leur pouvoir d’achat, l’organisation estime que le moment est venu de chercher une solution à long terme.

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