COWANSVILLE — Près de trois semaines après les élections québécoises du 5 octobre, plusieurs pancartes électorales sont encore visibles dans les rues de Cowansville et des municipalités environnantes. Si certaines appartiennent à de petites formations politiques, les grands partis ne sont pas en reste. Pourtant, la loi québécoise est claire : les candidats et les partis avaient jusqu’au 20 octobre pour retirer leurs affiches.
Sur la page Facebook Spotted Cowansville, un internaute a notamment publié une photographie montrant une pancarte du député libéral de Brome-Missisquoi, Frédéric Beauchemin, toujours accrochée à un poteau. L’auteur de la publication demande au député de procéder au nettoyage, affirmant que ses affiches sont encore visibles un peu partout en ville. Cette intervention rappelle que les pancartes électorales ne sont pas destinées à devenir des éléments permanents du paysage urbain.

Un délai de 15 jours prévu par la loi
Au Québec, l’article 259.8 de la Loi électorale prévoit que toutes les affiches électorales doivent être retirées au plus tard 15 jours après la tenue du scrutin. Pour les élections générales du 5 octobre 2026, cette échéance était donc fixée au mardi 20 octobre. En date du 24 octobre, les pancartes encore installées dépassent ainsi le délai prévu par la loi.
Cette obligation concerne tous les candidats, qu’ils aient remporté leur élection ou non. Elle s’applique aussi bien aux grandes formations, comme le Parti libéral du Québec, le Parti québécois ou la Coalition avenir Québec, qu’aux plus petits partis disposant de moyens financiers et humains plus limités. Une affiche de petit format n’échappe pas davantage à cette règle.
Les partis pourraient recevoir une facture
Mais que risque concrètement un parti qui oublie de retirer ses affiches ? Contrairement à ce que l’on pourrait croire, une pancarte laissée en place après la date limite n’entraîne pas automatiquement une amende. La Loi électorale prévoit toutefois une procédure permettant aux municipalités et aux propriétaires concernés de faire enlever les affiches aux frais des partis ou des candidats.
La municipalité ou le propriétaire des lieux doit d’abord transmettre un avis de cinq jours au parti ou au candidat concerné. Cet avis doit préciser les endroits où se trouvent les pancartes à retirer. Si elles sont toujours présentes à l’expiration de ce délai, la municipalité ou le propriétaire peut procéder à leur enlèvement et réclamer les frais engagés.
La facture doit notamment préciser le lieu et la date du retrait des affiches. Pour une formation politique ayant oublié plusieurs pancartes dans une municipalité, les dépenses pourraient donc s’accumuler. Le montant dépendrait toutefois des interventions réellement effectuées et des coûts engagés.
Il faut également distinguer les pancartes oubliées des affiches installées illégalement. La Loi électorale prévoit des amendes de 500 $ à 2 000 $ pour certaines infractions concernant leur installation, notamment lorsqu’elles contreviennent aux règles sur les emplacements autorisés ou la sécurité. Ces amendes ne constituent cependant pas une sanction automatique pour le simple dépassement du délai de retrait.
Les petits partis ne sont pas exemptés
Le ramassage des pancartes représente aussi un défi logistique pour les formations politiques, particulièrement celles qui disposent de peu de bénévoles. Pendant une campagne électorale, les équipes peuvent installer des dizaines, voire des centaines d’affiches sur un territoire parfois très étendu. Une fois les élections terminées, ces mêmes équipes doivent refaire le parcours, mais cette fois pour tout ramasser.
Pour les petits partis, qui ne disposent pas nécessairement d’une organisation locale permanente, certaines affiches peuvent plus facilement être oubliées. Les grandes formations politiques disposent généralement de réseaux militants plus importants, sans que cela garantisse un nettoyage complet. Dans tous les cas, la responsabilité légale demeure la même.
Les citoyens peuvent signaler les pancartes oubliées
Élections Québec invite les citoyens qui remarquent des pancartes toujours présentes après le délai de 15 jours à communiquer avec leur municipalité. Il est notamment utile de préciser l’emplacement exact de l’affiche, le nom du candidat ou du parti concerné et, si possible, de fournir une photographie. Ces renseignements peuvent faciliter le suivi auprès des responsables.
Au-delà de la réglementation, les affiches abandonnées soulèvent également une question de propreté et d’entretien des espaces publics. La plupart sont fabriquées en Coroplast, un plastique ondulé qui peut être réutilisé ou recyclé, mais qui risque aussi de se retrouver parmi les déchets lorsqu’une pancarte se détache ou est endommagée. Élections Québec rappelle d’ailleurs que ces matériaux peuvent connaître une seconde vie, notamment auprès d’organismes communautaires.
Les campagnes électorales sont déjà suffisamment longues pour que leurs affiches ne s’éternisent pas durant les semaines suivantes. À Cowansville comme ailleurs au Québec, les électeurs ont fait leur choix le 5 octobre. Il appartient maintenant aux partis de terminer le travail, en décrochant les pancartes qui sont toujours en place.
Sources
- Élections Québec — Règles concernant les pancartes électorales
- Légis Québec — Loi électorale, articles 259.8, 259.9 et 556.1
- Élections Québec — Résultats des élections générales du 5 octobre 2026
- Publication et photographie partagées sur la page Facebook Spotted Cowansville, octobre 2026.

